Dhërmi est le premier village que l'on rencontre après avoir basculé du col de Llogara vers la mer Ionienne, et c'est une entrée en matière difficile à oublier. La route sort de la pinède, la mer apparaît d'un coup plusieurs centaines de mètres plus bas, et un village de pierre grise se révèle accroché au versant, dominé par les crêtes des Cérauniens. En contrebas s'étire une bande littorale de plages et de criques. Deux Dhërmi coexistent donc : celui d'en haut, gréco-orthodoxe, hérissé de petites églises, et celui d'en bas, tourné vers l'eau. On peut visiter l'un sans jamais voir l'autre — ce serait dommage.
via Booking.comOù dormir
Où dormir à Dhërmi
- Annulation gratuite sur de nombreux hébergements
- Sans frais de réservation
Lien partenaire — réserver via ce lien soutient le guide, sans surcoût pour vous.
Un village perché sur le versant des Cérauniens
Le vieux Dhërmi se tient autour de deux cents mètres d'altitude, accroché à la pente occidentale des monts Cérauniens — Malet e Vetëtimës, les « monts de la Foudre » — la chaîne côtière qui structure toute la riviera albanaise. Le village fait partie de la municipalité de Himarë et se compose de plusieurs entités perchées, dont Gjilek et Kondraq, dispersées sur le versant.
L'architecture est celle des villages de montagne côtière du sud : maisons de pierre locale, toits de lauze, ruelles étroites en pente forte, escaliers, murs de soutènement, le tout dominé par la muraille rocheuse des Cérauniens. La population est majoritairement grecque, et l'on y parle une variante du dialecte himariote, réputée pour ses traits archaïques, à côté de l'albanais tosk — une continuité linguistique qui se lit dans le patrimoine religieux.
Les églises, patrimoine discret du village
Dhërmi est l'un des villages les plus richement dotés en églises historiques de la zone de Himarë. Les inventaires varient, mais leur nombre est élevé au regard de la taille du lieu : on en trouve dans les ruelles, isolées dans les oliveraies, sur les crêtes.
Le type dominant est la petite église byzantine ou post-byzantine à nef unique, en pierre locale, couverte d'une voûte en berceau et parfois d'une coupole modeste. À l'intérieur, les codes de l'orthodoxie balkanique : iconostase de bois peint, icônes et fresques post-byzantines, inscriptions en grec. Parmi les édifices les plus cités figurent le sanctuaire de Saint-Théodore, établissement monastique isolé dans la campagne, et l'église de la Panagia.
Beaucoup de ces chapelles ne se visitent pas selon une logique touristique organisée : on les découvre en marchant, en montant, en tournant dans une ruelle. C'est ce qui fait l'intérêt de Dhërmi pour qui accepte de laisser la voiture et de grimper.
Les plages : Dhërmi, Drymades, Gjipe, Jal
En contrebas du village s'étire une bande littorale qui concentre l'activité balnéaire.
La plage de Dhërmi est la principale, directement sous le village, en arc de côte, avec un sol mêlant galets et sable. On y descend par des routes secondaires raccordées à la SH8, ou à pied depuis le vieux village par des sentiers raides — descente courte mais franche, remontée qui se mérite.
Drymades occupe le secteur occidental de la même bande littorale, parfois considéré comme une plage distincte, parfois comme le prolongement de Dhërmi. L'accès se fait par des embranchements descendant de la SH8, puis par des chemins en bord de mer.
Gjipe est le joyau difficile du secteur : une crique encaissée au débouché d'un canyon sec, cernée de falaises. Aucune route n'y descend. Depuis la SH8, il faut suivre une piste en corniche puis terminer à pied dans le canyon, sur terrain rocheux et sans ombre continue. L'alternative est l'arrivée par la mer. Nous consacrons une page entière à la plage de Gjipe, car son accès mérite d'être préparé sérieusement.
Jal occupe une baie entre Dhërmi et Himarë, avec un embranchement routier descendant depuis la SH8.
Entre ces anses, la côte est percée de grottes marines creusées dans le calcaire des Cérauniens. Certaines portent des noms évocateurs de piraterie ; toutes se visitent essentiellement par bateau, ce qui reste la plus belle façon de comprendre cette côte.
Newsletter
L’Albanie, sans les pièges
Itinéraires, bonnes adresses et conseils de saison — nos meilleurs guides directement dans votre boîte mail.
Pas de spam. Désinscription en un clic.
L'accès en voiture et ce que le relief impose
C'est le point à intégrer avant toute chose : ici, le kilométrage ne prédit rien.
Depuis Vlorë, la SH8 quitte la plaine côtière puis attaque la montée vers le col de Llogara, autour de mille mètres d'altitude, à travers une pinède de montagne aux points de vue plongeants. Puis vient la descente : plusieurs centaines de mètres de dénivelé perdus en lacets serrés, sur un versant abrupt qui plonge dans la mer. Une conduite qui demande de l'attention, des freins ménagés et de la patience derrière les véhicules lents. Le parc national de Llogara mérite d'ailleurs un arrêt à part entière.
Un phénomène surprend souvent : le col peut être dans les nuages alors que la côte, quelques kilomètres plus bas, est en plein soleil. C'est un effet de barrière orographique classique — les Cérauniens forcent les masses d'air à s'élever et concentrent les nuages sur les crêtes. Ne renoncez pas à votre journée de plage parce que Llogara est bouché.
Depuis Sarandë ou Himarë, pas de grand col, mais une SH8 qui enchaîne sans interruption montées, descentes, caps et fonds de baie, sur un tracé étroit et virageux.
Sur place, la desserte entre la SH8, le village haut et la bande littorale se fait par des embranchements en pente. Le stationnement est en voirie, sur des espaces limités : arrivez tôt et ne déplacez pas la voiture de la journée. Notre rubrique transport détaille les réflexes utiles pour conduire dans le pays.
Le vent, un paramètre à part entière
La riviera a un climat méditerranéen à été chaud et sec, mais la combinaison des Cérauniens et de la mer Ionienne crée un microclimat qu'il faut connaître. Des brises régulières de mer et de terre s'installent, particulièrement sensibles en été, et rafraîchissent la côte aux heures les plus chaudes. En revanche, les caps exposés et les crêtes le long de la SH8 peuvent être nettement ventés, la mer Ionienne étant largement ouverte aux flux.
Concrètement, une crique parfaite un jour peut être inconfortable le lendemain. Gardez toujours une alternative abritée en tête, au fond d'une baie fermée plutôt que sur une plage ouverte au large.
Conseils pratiques
Montez au village : beaucoup de visiteurs ne voient que la bande de plage et repartent, ce qui revient à passer à côté de l'essentiel. Le vieux Dhërmi se parcourt à pied, en fin de journée de préférence.
Prévoyez de vraies chaussures. Entre les ruelles pentues, les sentiers vers la plage et l'éventuelle descente vers Gjipe, les tongs montrent vite leurs limites.
Combinez avec les voisins : Dhërmi se marie naturellement avec Himarë au sud et avec Vlorë au nord, de l'autre côté du col. La carte de l'Albanie permet de visualiser l'enchaînement réel, et nos pages juin et septembre détaillent les meilleures périodes.
FAQ
Quelle différence entre Dhërmi et Drymades ?
Ce sont deux secteurs de la même bande littorale, en contrebas du village. Drymades occupe la partie occidentale, un peu plus étalée ; la plage de Dhërmi est directement sous le village. On passe de l'une à l'autre par des chemins en bord de mer. Le nom Drymades désigne aussi, dans l'usage grec local, le village lui-même.
La descente du col de Llogara est-elle difficile en voiture ?
Elle est exigeante sans être dangereuse pour un conducteur attentif : une succession de lacets serrés sur plusieurs centaines de mètres de dénivelé, avec une chaussée étroite et des véhicules lents. Utilisez le frein moteur, ne forcez pas les dépassements et prévoyez largement plus de temps que ne le suggère la distance. Le brouillard sur le col est fréquent.
Peut-on aller à Gjipe depuis Dhërmi sans marcher ?
Non, pas par la terre. Aucune route ne descend jusqu'à la crique : l'accès terrestre combine une piste en corniche depuis la SH8 puis une descente à pied dans le canyon. La seule façon d'y arriver sans marcher est l'approche par la mer.
Dhërmi est-il accessible sans voiture ?
Les furgons qui parcourent la SH8 desservent le secteur. En revanche, se déplacer entre le village haut, la bande de plage et les criques voisines sans véhicule implique beaucoup de marche en dénivelé, ou de recourir aux navettes maritimes locales.
Que voir à Dhërmi en dehors de la plage ?
Le vieux village et son tissu de ruelles, les églises byzantines et post-byzantines disséminées sur le versant, les terrasses d'oliviers, les points de vue depuis la route du col, et les grottes marines accessibles par bateau. Le contraste entre le patrimoine orthodoxe des hauteurs et la vie balnéaire d'en bas rend le village singulier sur toute la riviera.
Destinations à découvrir

Himarë
Un village grec accroché aux Cérauniens, une ville basse au ras de l'eau et un chapelet de criques entre les deux
Découvrir
Vlorë
Là où l'Adriatique devient l'Ionienne, entre lagune à flamants et péninsule sauvage
Découvrir
Sarandë
La ville-balcon du sud ionien, face à Corfou, base logistique de toute la riviera
Découvrir
