Sarandë n'a pas le charme figé d'une vieille ville : c'est une ville de travail et de passage, étirée en arc autour de sa baie, avec des immeubles qui montent en gradins sur les pentes. On lui reproche parfois son urbanisation rapide, en oubliant que c'est aussi ce qui en fait la meilleure base du sud albanais : un port relié à la Grèce, des services à l'année, une position à égale distance des plages de la riviera au nord et du site de Butrint au sud. Si vous ne devez choisir qu'un point d'ancrage pour explorer le sud, c'est ici.
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La baie, le relief et l'organisation de la ville
Sarandë occupe une baie ouverte sur la mer Ionienne, dans l'extrême sud-ouest du pays, presque en face de la pointe nord de Corfou. Ce n'est pas un port intérieur fermé mais un golfe largement exposé, orienté vers le sud-ouest, d'où la qualité de la lumière du soir et la nervosité de l'eau certains jours.
La géographie de la ville tient en une phrase : une bande plate au ras de l'eau, puis une pente franche. Le centre administratif et commercial est au contact direct du front de mer, et tout ce qui n'y tient pas monte sur les collines. Concrètement, se loger « avec vue » implique presque toujours du dénivelé à pied, et les rues transversales sont raides — ce n'est pas anecdotique quand on voyage avec des bagages ou de jeunes enfants.
Le climat est méditerranéen : étés chauds et secs, hivers doux et humides. La ville reste habitée toute l'année, contrairement aux stations de la riviera.
Le port et la liaison avec Corfou
C'est la particularité de Sarandë : à environ quatorze kilomètres à vol d'oiseau de Corfou, la ville est reliée à l'île grecque par une liaison maritime de passagers. Selon le type de navire, la traversée s'inscrit dans un ordre de grandeur allant d'une demi-heure à un peu plus d'une heure.
Un point mérite d'être compris avant de le planifier : c'est un franchissement de frontière extérieure Schengen. L'Albanie n'appartient ni à l'Union européenne ni à l'espace Schengen ; la Grèce, oui. La traversée implique donc un contrôle des documents de voyage au départ comme à l'arrivée. Les exigences précises dépendent de votre nationalité, mais le principe du double contrôle est stable. Prévoyez du temps de marge et un passeport en cours de validité.
Cette liaison change la façon de concevoir un voyage : elle rend possible une arrivée par la Grèce, une combinaison Corfou-Albanie ou une simple journée d'excursion, et explique le flux de visiteurs de passage qui anime le front de mer.
Ce qu'il y a à voir en ville
Le front de mer est la colonne vertébrale de Sarandë. Une promenade piétonne longe la baie, bordée de cafés et de bâtiments qui remontent en gradins derrière elle. Elle donne le rythme de la journée : déserte sous le soleil de midi, saturée au coucher du soleil, quand toute la ville sort.
Au cœur du tissu urbain subsistent les vestiges d'un ensemble religieux antique, généralement identifié comme une synagogue transformée ensuite en basilique paléochrétienne — témoignage direct de l'ancienne cité portuaire d'Onchesmos, et rappel que Sarandë a une histoire bien antérieure à ses immeubles.
Sur la colline qui domine la baie se trouve le château de Lëkurësi, forteresse ottomane réduite à ses murs. L'intérêt n'est pas le bâti mais le point de vue : la ville, la baie, la côte et, par temps dégagé, Corfou. On y monte en voiture par une route en lacets, ou à pied pour qui accepte une bonne côte.
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Sarandë comme base : ce qu'on atteint en une journée
C'est ici que la ville prend tout son sens : plusieurs univers différents tiennent dans une journée.
Au sud, la SH81 file vers Ksamil — une quinzaine de kilomètres — puis vers Butrint, site archéologique inscrit au patrimoine mondial, sur une péninsule entre la lagune et le canal de Vivari. Le contraste entre les criques turquoise de Ksamil et la forêt humide de Butrint est l'un des plus réussis du pays.
Vers l'intérieur, la route de Gjirokastër dessert le Blue Eye, source karstique nichée dans un environnement forestier protégé. En poursuivant, on atteint Gjirokastër, ville de pierre ottomane accrochée à son versant, également classée.
Vers le nord, la SH8 remonte la riviera vers Himarë et Dhërmi, en desservant une série de plages en contrebas de la route : Lukovë, Borsh, Qeparo, chacune gagnée par une descente depuis la corniche.
Plusieurs criques discrètes se trouvent enfin juste au sud de la ville : Pulëbardha, Manastiri, plus loin Kakome et Krorëz. Galets ou graviers, en contrebas de la route, atteintes par un embranchement de terre puis un sentier — parfois uniquement par bateau.
L'accès en voiture et la circulation
Sarandë est loin de tout, et c'est le premier fait à intégrer.
Depuis Tirana, la distance routière tourne autour de 270 à 290 kilomètres selon l'itinéraire, et le choix n'est pas cosmétique. L'axe intérieur — Fier, Tepelenë, Gjirokastër — emprunte des routes principales, avec un relief vallonné et de piémont, des portions plus rectilignes, et se révèle généralement le plus rapide. La route côtière SH8 passe par Vlorë et franchit le col de Llogara vers mille mètres, avant de redescendre en lacets sur toute la riviera : magnifique, en surplomb de la mer, mais faite de virages permanents et de dépassements difficiles. Le bon usage consiste à faire l'aller par l'intérieur et le retour par la côte, en y consacrant une vraie journée.
Depuis Gjirokastër, une soixantaine de kilomètres suffisent, mais le relief impose son rythme : vallées encaissées, route sinueuse, moyenne horaire faible.
En ville, le stationnement est majoritairement en voirie, sur un centre dense et pentu, la zone du port concentrant la pression. Comme partout sur cette côte, le plus confortable est de se garer une fois et de circuler à pied. Notre rubrique transport revient sur la conduite en Albanie.
En transport collectif, bus interurbains et furgons relient Sarandë à Tirana, Vlorë, Gjirokastër et à la riviera : viable pour les grands axes, moins pour une crique isolée.
Conseils pratiques
Logez en fonction de vos jambes : une chambre haut perchée offre la vue mais impose une montée quotidienne ; le bas de la ville est plus pratique et plus bruyant.
Organisez vos journées autour de la lumière — le sud ionien écrase tout en milieu de journée, alors privilégiez le matin pour les visites et la fin d'après-midi pour la plage.
Ne sous-estimez pas les distances intérieures : depuis Sarandë, tout paraît proche sur la carte et rien ne l'est en temps de trajet ; la carte de l'Albanie aide à calibrer un itinéraire réaliste. Envisagez enfin les épaules de saison : la page septembre explique pourquoi ce sont les meilleures fenêtres sur cette côte.
FAQ
Sarandë est-elle une bonne base pour visiter le sud de l'Albanie ?
C'est probablement la meilleure. La ville concentre des services à l'année, un port, une desserte en bus et une position centrale : Ksamil et Butrint au sud, le Blue Eye et Gjirokastër vers l'intérieur, la riviera au nord.
Comment se rend-on à Corfou depuis Sarandë ?
Par une liaison maritime de passagers depuis le port, sur une traversée d'une quinzaine de kilomètres. Il s'agit d'un passage de frontière extérieure Schengen : contrôle des documents au départ d'Albanie et à l'entrée en Grèce. Un passeport valide est nécessaire et il faut prévoir du temps pour les formalités portuaires.
Vaut-il mieux arriver à Sarandë par la route côtière ou par l'intérieur ?
Par l'intérieur si l'objectif est d'arriver : l'axe Fier–Tepelenë–Gjirokastër est plus roulant. Par la côte si le trajet fait partie du voyage : la SH8 et le col de Llogara offrent l'un des plus beaux parcours d'Europe, mais avec une moyenne horaire très basse.
Y a-t-il des plages à Sarandë même ?
La ville dispose de plages urbaines le long de la baie, pratiques mais très fréquentées. Les criques plus tranquilles sont à quelques kilomètres au sud — Pulëbardha, Manastiri — en contrebas de la route, avec une descente à pied. Pour du sable et de l'eau turquoise, Ksamil reste la référence.
Peut-on visiter Sarandë sans voiture ?
Oui pour la ville elle-même, qui se parcourt à pied, et pour les grands axes desservis par bus et furgons. La voiture devient nécessaire pour atteindre les criques en contrebas de la SH8 ou enchaîner plusieurs sites dans la même journée.
Destinations à découvrir

Ksamil
Quatre îlots à portée de nage, une poignée de criques sableuses et l'un des littoraux les plus convoités d'Albanie
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Himarë
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La ville de pierre accrochée au versant, au-dessus de la vallée du Drino
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