Les murs de la forteresse de Tepelenë suivent le relief, au-dessus des vallées de la Vjosa et de la Drino. C’est cette position qu’il faut regarder en premier : elle explique pourquoi une place forte s’est développée ici, au croisement des routes entre l’intérieur de l’Albanie et la côte ionienne. Le château se comprend autant par ce qu’il domine que par ses fortifications.
Tepelenë : château, mémoire et étape au confluent de la Vjosa

via GetYourGuideExpérience à réserver
Excursions et villages à découvrir
- Annulation gratuite jusqu'à 24 h avant
- Confirmation immédiate
Nous pouvons percevoir une commission si vous réservez via un lien affilié. Vérifiez les conditions de l’offre choisie.
Tepelenë est une petite ville-étape, pas un village dont on parcourrait un long circuit de monuments. Pour le centre, le château et les vues sur les vallées, une demi-journée constitue un rythme raisonnable. Ajouter quelques heures vers Bënçë permet de prolonger la halte côté rivière ; prévoir plusieurs jours sur place répond moins bien à un voyage centré sur les visites urbaines.
Le château et la mémoire contrastée d’Ali Pacha
L’aspect actuel de la forteresse de Tepelenë doit surtout aux travaux entrepris sous Ali Pacha de Janina, sur un site fortifié plus ancien. Né à Tepelenë vers 1740, celui-ci a dominé une grande partie de l’Épire à la fin du XVIIIᵉ et au début du XIXᵉ siècle. La ville conserve ainsi une place particulière dans son histoire, même si son pouvoir est aussi étroitement associé à Ioannina, aujourd’hui en Grèce.
Sa mémoire ne se résume pas à celle d’un bâtisseur. Ali Pacha a renforcé les infrastructures et l’administration de son territoire, mais il a aussi exercé un pouvoir autoritaire, marqué par la violence et la répression. Garder ces deux dimensions en tête donne davantage de sens à la visite qu’une simple évocation du « lion de Ioannina », cette figure popularisée par les voyageurs européens du XIXᵉ siècle.
Sur place, privilégiez la lecture de l’enceinte, de sa position défensive et des vallées qu’elle surveille. Le château n’est pas un musée historique doté d’un parcours intérieur complet. Avant de fixer votre passage autour d’une entrée dans le site, faites préciser localement l’ouverture du jour, les secteurs accessibles et l’éventuel droit d’entrée.

Du centre aux vues sur la Vjosa et la Drino
Après la forteresse, poursuivez dans les rues et les places du centre. Ce passage relie le monument à une ville actuelle, plutôt qu’à un ensemble patrimonial isolé. Tepelenë offre une visite plus compacte que Gjirokastër, dont le centre historique est beaucoup plus vaste : ici, l’intérêt tient surtout à la position de la ville, à son château et à la mémoire politique qui les accompagne.
Les secteurs dégagés autour de la ville permettent ensuite de lire les deux vallées. La visibilité de leur confluence varie selon le point choisi et la végétation : ne vous attendez pas à distinguer leur jonction depuis chaque portion de l’enceinte. Les routes et les ponts montrent aussi combien Tepelenë reste un lieu de passage, mais ils ne constituent pas tous des itinéraires piétons aménagés.
Le parc national de la rivière Vjosa, créé en 2023, s’étend sur un système fluvial bien plus large que les abords de Tepelenë. La ville permet d’aborder ce paysage depuis un point d’appui urbain ; elle ne correspond pas à une entrée de parc organisée autour d’un parcours de visite unique.

Newsletter
L’Albanie, sans les pièges
Itinéraires, bonnes adresses et conseils de saison — nos meilleurs guides directement dans votre boîte mail.
Pas de spam. Désinscription en un clic.
Bënçë, une courte excursion dans une vallée voisine
Pour sortir du centre sans transformer l’étape en longue journée de route, Bënçë est le prolongement le plus cohérent. Sa vallée, proche de Tepelenë, apporte un autre cadre : une rivière et des reliefs, plutôt qu’un second ensemble de monuments. Réservez-lui quelques heures ou une demi-journée légère, selon le point visé et la marche envisagée.
Bënçë ne doit pas être confondue avec Bënjë, près de Përmet, où se trouvent les sources thermales. La proximité des noms peut facilement envoyer vers le mauvais secteur sur une carte. Nivica relève également d’une autre sortie : ses gorges et ses plateaux demandent un déplacement spécifique, avec davantage de route. Mieux vaut lui réserver une excursion distincte que l’ajouter à la promenade de Tepelenë.
Pour Bënçë, privilégiez la voiture ou un taxi local aller-retour, avec attente convenue. En réservant, fixez le point de dépose, le lieu de reprise et le temps sur place : une simple dépose dans la vallée ne règle pas le retour. Faites aussi préciser l’état de la route jusqu’au lieu choisi, la possibilité de stationner et la distance restante à pied. Ce dernier tronçon peut varier sensiblement d’un point d’intérêt à l’autre ; ne fondez pas l’excursion sur une correspondance locale ou un dernier minibus.
Intégrer Tepelenë au trajet et prévoir le retour
Située dans le comté de Gjirokastër, Tepelenë s’intègre naturellement à un itinéraire entre Gjirokastër, les vallées intérieures et la côte méridionale. Depuis Gjirokastër, l’accès routier suit la vallée de la Drino. Depuis Tirana, le déplacement est plus long : la halte prend davantage de sens au cours d’un circuit dans le sud que comme unique objectif d’un aller-retour.

Sans voiture, organisez votre départ interurbain depuis le centre de Tepelenë. Avant de vous éloigner vers le château ou Bënçë, faites préciser le point d’arrêt et les départs effectifs des minibus vers Gjirokastër ou Përmet, selon votre prochaine étape. Les horaires et la disponibilité du service doivent être contrôlés pour le jour du trajet, particulièrement hors saison. Le retour de Bënçë en taxi jusqu’au centre permet de séparer clairement l’excursion locale de cette liaison interurbaine.
Chaleur, pluie et accès aux berges : ce qui change la visite
En été, l’exposition de la forteresse rend la visite plus agréable le matin ou en fin d’après-midi. Si vous ajoutez Bënçë avec une voiture de location, gardez toutefois une marge pour rentrer avant la nuit : l’éclairage et la signalisation peuvent être limités sur les routes secondaires.
Après de fortes pluies, les niveaux et les courants de la Vjosa et de ses affluents peuvent changer rapidement ; les accès bas, les pistes et les berges peuvent devenir impraticables. Faites alors contrôler les conditions locales avant toute approche de la rivière ou sortie vers Bënçë. La proximité de l’eau ne garantit ni une promenade aménagée ni un lieu de baignade sûr. Pour une halte centrée sur le paysage, les vues depuis la ville restent une proposition différente d’une descente jusqu’aux berges.
Ecrit par
Margaux Delaunay
Rédactrice de Visiter l’Albanie, Margaux partage ses repères pratiques pour préparer un séjour plus simple et plus local.
Les lieux de cet article
Articles lies



