Gjirokastër ne se laisse pas approcher de face. La ville s'accroche au flanc est du Mali i Gjerë, plus de deux cents mètres au-dessus du fond de la vallée du Drino, et tout y est construit dans la même pierre grise : les murs, les toitures en lauzes, les chaussées. D'où son surnom de « ville de pierre ». Inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO avec Berat au titre des villes ottomanes albanaises bien conservées, elle offre un visage plus austère, plus vertical et plus militaire que sa jumelle du centre du pays. C'est une ville de montagne qui a gardé son architecture défensive, et cela se sent à chaque virage.
via Booking.comOù dormir
Où dormir à Gjirokastër
- Annulation gratuite sur de nombreux hébergements
- Sans frais de réservation
Lien partenaire — réserver via ce lien soutient le guide, sans surcoût pour vous.
La citadelle, une forteresse qui tient tout le promontoire
La citadelle de Gjirokastër occupe un long éperon rocheux étroit qui domine la vieille ville. Ses dimensions surprennent : l'enceinte se développe sur cinq à six cents mètres de longueur pour une largeur qui dépasse rarement quatre-vingts mètres, ce qui en fait l'une des plus vastes forteresses de hauteur des Balkans. Elle culmine autour de 340 à 360 mètres d'altitude.
À l'intérieur, on parcourt de longues galeries voûtées, des courtines, des bastions et de grands espaces couverts qui accueillent aujourd'hui des collections — pièces d'artillerie, mémoire carcérale du site, tour de l'horloge. Mais l'essentiel de l'expérience tient à la marche le long des remparts : la vue plonge d'un côté sur les toits de lauzes de la vieille ville, de l'autre sur la plaine alluviale du Drino et les reliefs qui la ferment.
Les kulla, maisons-tours de pierre
Le tissu historique de Gjirokastër est fait de maisons-tours, les kulla, typiques des villes ottomanes de montagne. Le principe est simple et défensif : plusieurs niveaux superposés, des murs massifs en pierre locale, des toits de dalles, des ouvertures étroites à encadrement de bois dans les étages bas et des rangées de fenêtres plus généreuses en haut, là où l'on vivait réellement.
Ces maisons sont adaptées à la pente : elles s'appuient sur des terrasses, se desservent par des escaliers extérieurs, et s'organisent en quartiers étagés sous la citadelle. Plusieurs d'entre elles se visitent et permettent de comprendre l'usage des espaces — la pièce de réception d'apparat, les rangements muraux, les cheminées. C'est le meilleur moyen de saisir ce que veut dire « habiter une tour ».
Le vocabulaire architectural mérite qu'on s'y arrête, parce qu'il explique le paysage. La kulla n'est pas une maison ornée d'une tour : c'est une tour d'abord, à laquelle on a ajouté du confort ensuite. Les niveaux bas servaient au stockage et aux bêtes, les niveaux hauts à vivre et à recevoir. Cette hiérarchie verticale, répétée à l'échelle de tout un versant, produit l'effet d'entassement en gradins qui fait la silhouette de Gjirokastër, et elle explique aussi pourquoi la ville se lit si mal depuis la rue : l'essentiel est au-dessus de vous.
Le bazar et les ruelles pavées
Le vieux bazar occupe les pentes au pied de la citadelle, à la convergence de plusieurs ruelles pavées. Les bâtiments y suivent la formule ottomane classique : boutique au rez-de-chaussée, logement aux étages. C'est le point le plus animé de la vieille ville, avec de l'artisanat, du textile, de la pierre et beaucoup de terrasses.
Un mot sur le sol, parce qu'il conditionne toute la visite : les rues sont pavées de galets et de dalles, souvent en forte pente, parfois en marches. Les pavés deviennent très glissants par temps humide. Chaussures fermées à semelle adhérente obligatoires, et prudence en descente, qui est plus éprouvante que la montée.
Newsletter
L’Albanie, sans les pièges
Itinéraires, bonnes adresses et conseils de saison — nos meilleurs guides directement dans votre boîte mail.
Pas de spam. Désinscription en un clic.
La vallée du Drino et le sud tout proche
Gjirokastër surplombe la vallée du Drino, axe majeur du sud albanais. La route principale suit le fond de la vallée, ce qui fait de la ville un nœud entre le nord du pays et la côte ionienne. C'est aussi ce qui la rend facile à intégrer dans un itinéraire : on y monte, on la visite, on redescend.
Vers le sud, la route qui rejoint Saranda passe à proximité du Blue Eye, la grande source karstique du sud albanais, avant de basculer vers le littoral par un relief plus accidenté. Beaucoup de voyageurs enchaînent les deux sur une même demi-journée.
Conseils pratiques
Le vrai sujet ici, c'est la voiture et la pente. Gjirokastër se conduit mal. La ville haute est faite de ruelles étroites, pavées, en forte déclivité, avec des virages en épingle où deux véhicules ne se croisent pas. Le principe à retenir : on se gare sur l'un des replats aménagés en approche du quartier historique ou en ville basse, et on fait le reste à pied. N'essayez pas de suivre aveuglément une application de navigation qui vous enverra dans un escalier. Si vous louez un véhicule, une boîte manuelle bien maîtrisée et un frein à main en bon état ne sont pas un luxe — les démarrages en côte sont permanents. Nos repères sur la conduite en Albanie sont regroupés dans la rubrique transport.
Le dénivelé se paie. Entre la ville basse et la citadelle, il y a plus de deux cents mètres de dénivelé. La visite d'une journée est une vraie journée de marche en pente. Répartissez : citadelle et quartiers hauts d'un côté, bazar et maisons-tours de l'autre.
Quand venir. L'intérieur du sud albanais est chaud et sec en été, et la pierre restitue la chaleur en fin de journée. Le printemps et l'automne sont nettement plus agréables pour marcher : voyez ce que donne un séjour en mai ou en septembre.
Combien de temps. Une journée pleine suffit pour l'essentiel. Une nuit sur place vaut le détour : la ville prend une tout autre allure quand les toits de pierre virent au bleu en fin de journée.
Où la placer dans un circuit. Gjirokastër fonctionne très bien comme étape entre le centre du pays et la côte ionienne. Situez-la par rapport aux autres arrêts sur notre carte de l'Albanie.
FAQ
Combien de temps prévoir à Gjirokastër ?
Une journée complète permet de faire la citadelle, une maison-tour, le bazar et les quartiers hauts sans forcer. Deux jours si vous voulez ajouter les environs — la vallée du Drino, les villages du versant, ou une descente vers le Blue Eye. Beaucoup de voyageurs y passent une nuit en remontant ou en descendant l'axe nord-sud.
Peut-on visiter Gjirokastër sans voiture ?
Oui. La ville est desservie par les bus et furgons de l'axe Tirana-Saranda, et le centre historique se parcourt entièrement à pied — c'est même la seule façon raisonnable de le faire. La contrainte est ailleurs : les arrêts se situent en ville basse et la montée vers le quartier historique est raide. Prévoyez un transfert local si vous portez des bagages.
Berat ou Gjirokastër ?
Les deux appartiennent au même bien UNESCO mais racontent des choses différentes. Berat est une ville blanche de fond de vallée, avec une citadelle habitée et un grand ensemble d'icônes post-byzantines. Gjirokastër est une ville de pierre grise sur un versant, plus verticale, avec une forteresse militaire imposante et une architecture de maisons-tours. Si vous arrivez de Grèce ou remontez de la côte ionienne, Gjirokastër s'impose. Si vous partez de Tirana pour une escapade courte, Berat est plus accessible.
Faut-il combiner Gjirokastër avec le Blue Eye ?
C'est l'enchaînement le plus logique du sud albanais. Le Blue Eye se trouve sur la route qui relie Gjirokastër à Saranda, à une distance qui en fait un arrêt naturel plutôt qu'un détour. Réservez-lui un créneau tôt le matin ou en fin de journée : le site concentre beaucoup de monde aux heures centrales, en particulier en pleine saison.
La visite est-elle adaptée aux enfants ou aux personnes à mobilité réduite ?
La topographie est le facteur limitant. Pavés irréguliers, marches, fortes pentes et absence d'itinéraires plats rendent la vieille ville difficile en poussette ou en fauteuil. Avec de jeunes enfants, privilégiez le secteur du bazar et une seule montée à la citadelle plutôt qu'un parcours complet des quartiers hauts. D'autres pistes dans notre rubrique famille.
Destinations à découvrir

Sarandë
La ville-balcon du sud ionien, face à Corfou, base logistique de toute la riviera
Découvrir
Berat
La ville aux mille fenêtres, empilée sur ses deux rives ottomanes
Découvrir
Tirana
Une capitale bruyante, colorée et brutalement sincère, entre bunkers, bazars et montagne à portée de téléphérique
Découvrir
